Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

09/04/2013

DEB | La mémoire vide de Michel Politzer

 

Cette amie m'écrit : " « Bonjour Dominique, J’étais hier soir à la présentation du livre de Michel POLITZER sur son père :
michel politzer,georges politzer« Les trois morts de Georges POLITZER », en sa présence.
C’est un jeune octogénaire, délicieux, pétillant et émouvant. [...] Tu connais sans doute son père, le philosophe résistant communiste Georges POLITZER, d’origine juive hongroise, qui fût fusillé par les nazis en 1942 (parmi ses œuvres : « Critique des fondements de la psychologie », « Le Bergsonisme, une mystification philosophique », etc…).
Cette soirée était passionnante à plus d’un titre, surtout parce qu’il nous a donné « la chair », mêlant à son histoire familiale, la grande histoire, puisqu’il y fût question de communistes, d’URSS, de nazis, de personnalités, qui déchaînèrent d’ailleurs les passions.
Il avait, Michel, donc, neuf ans, quand son père fût fusillé, et sa mère déportée à Auschwitz, (où elle décéda un an plus tard du typhus) et apprit cette fusillade par un camarade d’école. C’est donc auprès de ses grands-parents maternels qu’il grandit et fût élevé.
Michel POLITZER nous a dit n’avoir gardé absolument aucun souvenir de son père, comme de sa mère : le jour où on lui a annoncé la fusillade de son père, il a perdu complètement la mémoire.
[...]
À 7 ans, on émerge tout juste du monde de la petite enfance, on commence à peine, à entrer dans le monde rationnel, scandé par le temps. On commence tout juste à séparer le monde réel du monde imaginaire. À 9 ans, cette coupure est déjà bien consommée, on est presque un « grand » « raisonnable », en tout cas plus un « petit ».
[...]
Certes, l’effacement de toute mémoire est un palliatif presque incontournable à la souffrance incommensurable que doit ressentir un enfant brusquement arraché à ses parents. Mais, dans bien des cas, documentés, des pans entiers, ou des bribes de souvenirs ressurgissent bien des années plus tard à l’âge adulte ou encore plus tard, à l’occasion d’un événement, ou à l’occasion d’un rien trivial, sans crier gare mais alors qu’on est en mesure d’accuser le coup.
Ce n’est pas son cas : il a bien insisté pour dire que sa vie a commencé (ou recommencé) à 9 ans. Il a bien des photos de lui avec son père, ou en compagnie de sa mère, qui attestent qu’il a bien vécu auprès d’eux, que c’est bien lui, là, aucun doute, mais il dit n’en conserver aucun souvenir, aucune impression. De même, les lieux de son enfance (Biarritz), arpentés de nouveau, ne suscitent en lui aucune émotion, pas le moindre petit frémissement. Et pourtant, il sait bien qu’il y a en lui toute une vie antérieure à ces 9 ans, qui vit là, quelque part, mais il n’en connait rien.
Bien évidemment, la question lui a été posée de savoir s’il n’avait jamais tenté une psychanalyse, à laquelle il a répondu que non, jamais. Il n’en avait tout simplement jamais éprouvé le besoin. Il s’est construit autrement, en élaborant son propre chemin (c’est un artiste peintre, sculpteur, illustrateur).
Si tu as un peu de temps, et de curiosité, ou les deux, je te mets ci-dessous le lien vers un ami qui a tourné de lui un petit film court, d’une dizaine de minutes, où il raconte cela. Cela vaut la peine de le découvrir car c’est un personnage éminemment sympathique et ouvert aux autres :

http://www.pascalconvert.fr/documents/politzer/politzer.h...

18/11/2012

DEB | Bande annonce de mon film "La construction du bonheur par Robert Misrahi"


La construction du bonheur par Robert Misrahi... par borddeleau

20/07/2012

DEB | Duras, lire, écrire, filmer...


Duras, lire, écrire, filmer... par DEB

18/07/2012

DEB | Petite valse pour MD

Petite valse pour MD par DEB

Cimetière Montparnasse | Décembre 2011
Images | Anita Rébier & Deb
Musique | Dominique Mathieu
Réalisation | Dominique-Emmanuel Blanchard

12/07/2012

DEB | Au clair de la lampe

lampe 2011-08-07_23.JPGTenter de sauver un peu de ce qui s'écrit au cœur noir et nauséeux de la nuit est un leurre. J'y succombe pourtant ici. J'y éprouve une sorte de dégoût. Les mots ne sont pas ceux que je veux. L'absolu des mots, l'exacte vérité, c'est le silence. Il faudrait que je m'y résigne. Mais si je fais cela je devine ce qui m'attend. Je ne suis pas de « substance » comme diraient des philosophes : je n'ai aucune certitude, je n'ai que des culpabilités qui parfois me laissent un peu respirer. J'appelle cela bonheur : quand je n'ai plus peur ; quand le vide existentiel se fait passager clandestin. J'ai besoin de preuves de ma vie, c'est un aveu d'impuissance que je fais là. Sans preuves je suis comme un navigateur qui voudrait refaire ses voyages. Pourtant, il sait que les bars où il faisait escale sont devenus des agences bancaires, que les femmes qu'il a aimées un temps n'ont plus de pensées que pour leurs petits-enfants et le temps de cuisson des gâteaux qu'ils aiment. J'en suis a envier ces petites préoccupations moi qui suis en délicatesses avec la solitude. J'assiste, parfois avec une complaisance morbide aux dégradations du corps que je hante : du sang là où l'attend le moins ; des douleurs qui fulgurent en pleine poitrine ; des suffocations qui arrachent au sommeil comme on remonte du fond de l'eau. Quand on entre en complicité avec la mort, alors cela doit s'appeler, je crois, le désespoir.

Mais, je n'en sais rien après tout. Je ne sais presque rien nommer de ce qui me concerne. C'est à peine si je reconnais la fatigue. Elle symbolise tout. C'est mon signal d'alarme, mon étalonnage d'être. Je reconnais le désespoir à ma fatigue. Pour le reste, je doute de tout : de mes joies ; de mes peines ; de mes amitiés ; de tout en somme.

11/07/2012

DEB | Elle s'appelait Réjane

Rejane 001 (2).jpg

à Gérard...

10/07/2012

DEB | D'un monde l'autre

Vendredi 22 juin 2012

D'être tant allé d'un monde l'autre, me voilà fracassé.

C'est sur cette phrase que je me lève de ce lit où je m'abîme depuis des jours et des jours pour reprendre le clavier et tenter de renouer avec les mots. Car leur musique, je ne l'entends plus. Depuis des mois, je ne l'entends plus. Comme si j'avais été en attente d'un anéantissement. Il est venu, cet anéantissement. Quand je ne l'attendais pas, là où il était le plus improbable et sous une forme que je n'imaginais pas, même si c'est de mort qu'il s'agit. La mort de cette amie lointaine, une des rares amitiés rescapées de mes naufrages, de mes oublis, de mes passages d'un monde l'autre. Les larmes sont venues aussitôt. Elle, d'une sorte de petit château de Dordogne où, un temps je me suis senti chez moi c'est alors que j'étais dans une château en Normandie qu'est arrivée l'annonce de sa mort. Par un message téléphonique qui a réussi à se faufiler entre les murs et les réseaux flottants.

Elle, c'est quelque quarante ans de ma vie. Alors, désormais je sais, que pour moi il est presque trop tard pour tout. Je n'ai plus de refuge. Elle était le dernier. Il y a quelques années encore il y avait une petite maison en bord de mer où je savais que l'on m'accueillerait. Mais le vieil ami est mort, lui aussi.

09/07/2012

DEB | Gaston Bachelard parmi nous...

bachelard_large.jpg

Quelques minutes du magnifique film de Jean-Claude Bringuier "Gaston Bachelard parmi nous ou L'héritage invisible". Archive INA. Mise en scène par Dominique-Emmanuel Blanchard


Gaston Bachelard | L'héritage invisible par DEB

08/07/2012

DEB | Retour à Fonroque

fonroque carte 001 (2).jpg

Retour à Fonroque

A la mémoire de Jocelyne Mortemousque | morte le 9 juin 2012


Retour à Fonroque par DEB

04/09/2009

DEB | Les ailes du désir

ailes_du_desir.jpg

Mais non tu sais pas tu sais pas tu sais pas. Tu crois savoir, tu crois être partout, tu crois avoir tout vécu alors que t’as pensé qu’à ça, la vie peinarde, en loucedé. Ta vie tu l’as vécue par procuration et t’as l’impression que c’est pareil, que tu aurais pu écrire tous les livres tous les films raconter toutes les histoires. Tu crois. Mais moi je sais que t’as fait que dire les histoires des autres. Tu penses avoir fait tous les voyages parce que t’as frissonné un soir sur un quai de gare et que t’as entrevu tout ce qu’il pouvait y avoir dans ce frisson-là. Mais tu sais, la plupart des gens pensent ça, ils pensent qu’ils ont vécu parce qu’ils ont imaginé ce qu’ils auraient pu vivre. Mais ils ont laissé partir tous les trains, flétrir tous les espoirs, mourir toutes les illusions. Ils n’ont pas voulu souffrir, ils n’ont pas voulu se tromper, ils n’ont pas voulu risquer de tout perdre. Ils ont tout gardé en l’état. Pas de vagues, pas de vagues. Tout dedans, tout dedans à l’ombre des paupières closes, alors qu’on le voyait même pas leur oeil scintiller. Mais ils savent pas. Ils pensent que ça se voit de l’extérieur une âme qui soupire. Mais on voit rien. Et on s’en fout. On s’en fout de tout. De ce qui est vécu, de ce qui n’est pas vécu, mais toi tu sais. Toi tu sais que je sais. Tu sais que je sourie, tu sais que je ne suis pas dupe, tu sais que tu n’as pas vécu et que je le sais aussi, alors on se serre la paluche comme deux qui n’ont plus rien à se dire comme deux qui ont les mêmes mots mais qui ne disent pas la même chose. Good bye my friend je ne vais pas mourir tu sais, je suis immortel maintenant, et tu sais pourquoi ? Parce que je suis allé jusqu’au bout. Je suis beaucoup plus mauvais poète que Cendrars mais je suis allé jusqu’au bout, et tu veux que je te dise, tu veux que je te dise que j’avais la peur au ventre souvent, mais j’ai continué. J’ai continué. Et parfois j’ai été là où je voulais être. Au moment où j’y croyais plus, souvent. Souvent je me disais j’en peux plus, peux plus aller plus loin moi, j’en ai marre moi, j’arrête, j’abandonne. Et souvent, souvent ça a été là. J’y étais. J’avais plus peur, j’avais plus mal, j’y étais. Je l’avais escaladée cette putain de montagne du désir. J’y étais dans mon désir, et tu veux que je te dise, j’ai commencé à jouir, à jouir de la vie comme on croit pas que ça existe, comme on imagine pas que c’est possible. Alors tu vois, tu peux me raconter n’importe quoi, me parler du sommet du monde, du haut de je ne sais où, cette jouissance, cette jouissance de ma vie où se tient le ventre de ma jouissance je t’en dirai rien. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu comprendrais pas. Tu peux pas comprendre. C’est comme ça.

Ben ouais.

Dis Deb, c’est fini ce délire ?