04.09.2009
DEB | Les ailes du désir

Ben ouais.
Dis Deb, c’est fini ce délire ?
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27.06.2009
Brigitte Giraud Le Désespoir amoureux de la vie, l'anorexie, un mstère galvaudé
Brigitte Giraud évoque son livre « Le désespoir amoureux de la vie – L'anorexie, un mystère galvaudé » paru aux éditions Le Bord de l'eau.
http://www.editionsbdl.com/GIRAUD%20Brigitte%20ANOREXIE.h...
Réalisation vidéo : Brigitte Giraud
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02.06.2009
Le fric
C’est une vieille histoire, lui et moi. Une histoire de mépris, de dédain, de combats. Mais qui a commencé assez tard. Il a fallu l’adolescence pour qu’on fasse connaissance, pour que je voie qu’il avait une sale gueule, le fric. Suffit de soulever un tout petit peu son masque, bah, pas beau dessous, ça fourmille comme des vers, même pas des vers de mirliton, non, des vers de terre, grouillant, vilains comme tout.
Les gens qui ont du fric ont intrinsèquement raison, ils sont convaincus de ça, ces gens-là. Si, si, je vous assure ! C’est qu’ils ont le temps voyez-vous, ils savent l’épuisement, ils savent qu’un jour vous risquez de baisser les bras, ils attendent ce moment où ils vous ramasseront à la petite cuillère dans le meilleur des cas et où ils pourront savourer une victoire de plus. Et tout ce temps des livres que vous aurez lus, tous ceux que vous aurez essayé d’écrire, toutes les oeuvres que vous auraient fait vivre en vous et avec les autres, toutes les amitiés que vous aurez nouées et dénouées, toute cette vie que vous aurez creusée jusqu’au vertige, tous vos rêves à moitié réalisés à moitié ratés à moitié oubliés, pfuit, plus rien, au final les gens du fric ils vous attendront au carrefour de l’ennui. Ils n’auront rien vécus eux, mais ils auront amassé du fric, vécu pour le fric, pensé au fric pour enfin atteindre la mort dans le confort.à suivre
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28.05.2009
Lettre inachevée
C’est un fragment de lettre, jamais envoyée, sans doute à un ami qui n’existe même pas.
C’est bien. Tu es toujours aux rendez-vous. Je m’aperçois de ça : tu as toujours répondu présent. Cette fois encore. Au moins tu es sûr que je te lirai. Tu vas pouvoir manier tes paradoxes en toute quiétude, et moi, naturellement je vais les relever, un à un. Ce sera ma manière d’exister là-dedans - puisque je n’ai pas moi, comme ça, au débotté, tes obsessions. Je n’ai pas beaucoup d’obsessions du reste, pas de grands thèmes comme toi : les femmes, l’homosexualité, les parents, la littérature, etc. En regard je me sens même plutôt défavorisé.
Hors contexte je n’ai pas grand chose à proposer ; je serais plutôt dans le faire, dans l’acte, pas dans ce nombrilisme où tu t’attardes. Tout renvoie aux mêmes vieux problèmes chez toi, un peu comme s’il ne se passait rien vraiment, comme si tu n’en finissais pas de vivre les mêmes situations. Tu n’as pas non plus de mémoire, que des saynètes à l’improviste, toujours bâties sur le même mode.
Dénonçant tout cela, tu comprends n’est-ce pas que je me situe, moi, à l’opposé ? Ta contingence t’amuse toujours, et je m’étonne, vois-tu, que tu t’en contentes si facilement. C’est, ou ce n’est pas : les deux à la fois c’est ce qui fait le monde clos, l’absence de réalité qui t’accable. Il y a dans cela une sorte de philosophie à la Hegel qui a conduit le pauvre vieux à considérer que l’histoire était finie, que la philosophie avait tout mis à plat, qu’il ne se passerait plus rien : sauf que Hegel est mort et qu’on ne le lit plus.
Il y a dans cette posture en même temps qu’un sentiment de toute puissance une impression d’inanité totale que tu connais bien non ! A tel point que tu ne vois pas la différence entre les autres et toi : tu penses être toi et les autres en même temps. Quelle absurdité ! Tu t’imagines que tu connais toutes les ficelles et que tu es un grand manipulateur devant l’Éternel. Comment peux-tu encore croire ces foutaises ?Pourtant tu existes, tu es même, parfois, intensément présent, mais ça ne dure jamais. Comme si tu étais pris de vertige.
Sartre disait que la subjectivité des autres « l’encombrait », qu’il la refusait parce qu’il ne savait pas quoi en faire. Moi, je la sollicite, c’est toute la différence, et c’est énorme. Moi je n’aime que la subjectivité chez les gens. Là où ça bafouille, là où ça tremble, là où rien n’est encore figé. Je crois que je sais faire quelque chose de ça.
Sartre est très con parfois.
18:19 Publié dans Notes littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sartre, hegel, philosophie, subjectivité |
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23.05.2009
1949 JE 33
Le jour, je peux donc m'en souvenir. En hiver. C'est un temps où les choses de ma vie se foutaient en désordre et où je ne faisais rien pour remettre tout ça en place, bien au contraire. Alors, quand on est venu me dire qu'une voiture avait heurté l'un des piliers de mon portrail en bord de route et que j'ai vu la petite bagnole dans le fossé avec personne dedans, je me suis dit que c'était reparti pour le grand cirque. Mais il y avait un chapiteau d'un des piliers qui s'était décroché et avait enfoncé le toit de la voiture. Je me revois au bord de cette nuit de décembre ; je me revois regardant la plaque d'immatriculation : 1949 JE 33. Je me souviens que je n'ai pas eu besoin de le noter ce numéro, et quand des gens sont arrivés m'exhortant à l'écrire je leur ai dit que non, que je ne risquai pas de l'oublier. J'ai retrouvé Marianne et on s'est dit que quelque chose allait se passer, quelque chose que nous savions tous les deux et qu'elle m'invitait à faire advenir. L'histoire, cette histoire-là, la nôtre était déjà terminée depuis un bon moment, il s'agissait de lui porter le coup de grâce. Un de plus, mais celui-là serait le dernier de cette série-là.
Ah, j'oubliais : la voiture dans le fossé et qui portait le numéro 1949 JE 33, ma date de naissance, et qui est venue me faire un signe, c'était le 18 décembre 1982 : pile 33 ans au compteur.
Cette voiture immatriculée 1949 JE 33 je pense qu'elle ne doit même plus exister, moi si, merci.
15:55 Publié dans Notes littéraires | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : 1949 |
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05.05.2009
Portrait de femme
Il y a longtemps que je n’avais pas lu la revue La Règle du jeu. J’ai même pensé qu’elle n’existait plus. Or, c’est sa dix-neuvième année, n°40.
Afin d’encourager à quitter ici cette lecture celles et ceux qui lui sont hostiles, je rappelle qu’il s’agit de la revue de Bernard-Henri Lévy.
Au revoir.
Bien, puisque nous voilà entre nous, entre gens de bonne volonté, c’est d’un extrait (déjà court)d’un portrait que je voudrais qu’il soit question. Portrait de femme. Une de ces femmes probablement insupportables pour beaucoup mais dont la présence parmi les humains est une lumière qui foudroie qui n’a pas (ou pas encore) ce supplément d’âme qui fait toute la différence.
Voici, BHL évoque Isabelle, sa première épouse :
Elle était la dernière femme surréaliste, la petite cousine de Nancy Cunard, ou de Denise Lévy, ou de Gala, la femme de Dali. C’était une femme de cette trempe-là. On l’aurait dite sortie d’un cadre de Man Ray. Un personnage à la fois lumineux et tourmenté, d’une extrême beauté, fantasque, irrégulière, ne se reconnaissant aucune loi, aucun maître, considérant qu’elle faisait partie des êtres qui avaient le droit de définir leur propre morale et de n’être jugés que par rapport à elle, refusant donc absolument le jugement de la société et prenant, à ce titre, des risques terribles qui lui ont coûté d’ailleurs très cher, se mettant dans un péril total, vraiment total.
Voilà.
J’ai rencontré peu de femmes aussi belles, aussi fantasques, aussi courageuses qu’Isabelle Doutreluigne - et aussi décidées à prendre le risque d’une liberté qui l’a conduite, hélas, au désastre.
Sans doute n’avait-il pas encore, à l’époque, BHL, ce supplément d’âme qui aurait pu empêcher le désastre. Les hommes mettent beaucoup tellement plus longtemps que les femmes à comprendre le sens de leur vie.
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03.05.2009
Retour là l'expéditeur
Quand je reçois ce livre, acheté sur Price Minister, je vois tout de suite la dédicace :
Pour Jean et Doudou,
pour Doudou et Jean,
que je ne connais pas
(j’l’ jure),
qui ne m’ont jamais vu,
qui ont toujours pris grand soin
de ne jamais me recevoir,
chez qui je n’ai jamais vécu,
et qui d’ailleurs l’ont oublié
- pour raisons de sécurité.
Très très très affectueusement
Bien sûr j’ai reconnu son écriture.
62 c’était la clandestinité. La grande cavale.
Je suis allé récupérer l’enveloppe dans la poubelle. Ça venait de Belgique.
Mais mon vieil ami se souvenait-il de Jean et Doudou ? Près d’un demi-siècle plus tard, pensez !
Oui, c’est là, bien dans sa tête. La Belgique. Ils étaient en Belgique, Jean et Doudou.
Sont-ils les vendeurs du livre ? Sont-ils morts?
Quels héritiers se sont débarrassés de ce livre?
Un livre parmi tant d’autres..
Une bibliothèque qu’on liquide. Et ça continue de voyager.
Et ce retour à l’envoyeur me trouble.
Le hasard est troublant parfois.
Tandis que j’écris ceci, il est à côté, à écouter du jazz new Orleans. Tout à l’heure nous irons faire quelque pas dans le jardin. Puis je lui montrerai une fois encore comment se servir de cet ordinateur portable qu’il a voulu, pour écrire.
Il aimerait écrire un livre encore.
Le dernier sans doute.
En attendant, il m’a demandé de lui acheter un autre exemplaire de La Révolution algérienne. Il aimerait l’offrir. L’autre, celui de la dédicace, il veut le garder pour lui.
15:31 Publié dans Notes littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jeanson francis, algérie |
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01.05.2009
La pensée sorcière
Je me débats avec le dernier livre de Régis Debray en ce moment, Le Moment Fraternité. Je me demandais pourquoi quelque chose coinçait, pourquoi j’avais l’impression d’avoir lu dix fois, cent fois ce qu’il énonce. Je me suis demandé aussi pourquoi je m’ennuyais de Deleuze, de Barthes, de Bourdieu. Alors, alors, j’ai trouvé cette réponse sur un blog :
“Pour Deleuze, écrire c’est donc s’installer sur des lignes «minoritaires» afin d’inventer de l’inédit. La meilleure manière d’entrer dans sa démarche, ce serait donc de lire le livre magnifique que, avec Guattari une fois de plus, il a consacré à Kafka (Kafka. Pour une littérature mineure, Minuit, 1975). Tout grand écrivain, nous disent-ils, est nécessairement un «homme politique», car il fait « bégayer la langue », fabrique une langue «mineure» dans la langue «majeure» et annonce ainsi de nouvelles perspectives jusqu’alors inaperçues : «L’écrivain est une montre qui avance.
C’est la même idée qu’on retrouve dans les entretiens qu’il donnera à la parution de son Foucault (Minuit, 1986): penser, c’est se situer sur une «ligne de sorcière », c’est-à-dire apercevoir de nouvelles possibilités de vie, imaginer de nouveaux modes de subjectivation, individuels ou collectifs, et se préoccuper de les faire advenir.
Si Deleuze remarque que les grands philosophes ont souvent une santé fragile, c’est pour préciser aussitôt que c’est cette faiblesse même qui leur donne leur aptitude à insuffler une «grande santé» dans la pensée. Et si les mots «faible», «mineur», «minoritaire» font paradoxalement partie des mots-clés de sa philosophie «vitaliste», c’est parce qu’ils ne signifient rien d’autre pour lui que «vie», «création» et «nouveauté».Etre «minoritaire », c’est vouloir « libérer la vie là où elle est emprisonnée».
Que voulez-vous : s’installer sur des lignes « minoritaires » afin d’inventer de l’inédit, voilà qui me parle. Faire « bégayer la langue » ça me parle. Ceci encore : Penser, c’est se situer sur une «ligne de sorcière», c’est-à-dire apercevoir de nouvelles possibilités de vie, imaginer de nouveaux modes de subjectivation, individuels ou collectifs, et se préoccuper de les faire advenir.
Si penser c’est ça, alors je pense.
Et voyez-vous, j’ai comme l’impression que penser, le bouquin de Debray, ça va pas le faire…
12:05 Publié dans Notes littéraires | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : deleuze, eribon, debray |
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08.12.2008
Violence ordinaire
1er mai 2008 | Fête du travail. Il y avait du soleil. De la musique. Il y avait quelque chose dans l’air. Quelque chose de douloureux. Comme un danger qui rôdait. Et j’ai laissé tourner ma caméra. Je voyais les choses se nouer sous mes yeux. Quelque chose de la misère, du désespoir. Il y avait la violence pour exutoire. Elle est venue. Brutale. Le garçon tombera trois fois. Trois fois sa tête heurtera durement le macadam.
Plus loin, une voiture renversera un scooter.
A chaque fois le garçon se relèvera.
J’ai mal au coeur…
Mais aussitôt je vois ces jambes de femme.
"Les jambes des femmes sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie."
Soudain, je vais mieux.
19:32 Publié dans Vidéos de DEB | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : violence, misère, pauvreté |
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07.12.2008
Louise
1982 : j'avais oublié cette chanson. Et puis, radio Nostalgie et elle me revient en plein coeur.
Je ne sais pas pourquoi, mais il suffirait d'un rien pour que je me mette à pleurer.
De quelle ancienne mémoire tout cela me revient-il ?
22:27 Publié dans Vidéos | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : gérard berliner, louise, chansons |
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