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18/11/2007

Y a pas de justice

 

4f3e22953fa62cdc9c6ba2a1b7fd2b1c.jpgCe qui fait, je crois, la différence entre un écrivain — je veux dire : un vrai écrivain — et un barbouilleur de pages, c’est que l’écrivain, un jour, se met en danger. Quelle que soit sa notoriété, son succès, un jour, oui, il raconte la coulisse. Et avec Daniel Pennac, du côté de chez wouam, c’était pas gagné. Pute borgne ce qu’il m’agaçait ce type avec ses petites lunettes dorées, ses tirages faramineux, son assurance, cette jubilation de soi ! Et Pennac par-ci et Pennac par-là. Gonflant de chez gonflant le type. Et ces Malaussène, pouvais pas les voir en peinture. Pas moins. Et là, allez savoir pourquoi j’ai acheté Chagrin d’école. Si, je le sais. Je l’ai vu dans une émission télé de la TNT je crois bien. Et il fanfaronnait pas en faux derche le grand écrivain, il écoutait les autres, il n’était plus dans sa bulle…

Bingo. J’ai compris, dès la page 15, un tas de choses.

Dès le début Pennac se demande si tout n’est pas joué dès l’enfance, dès la petite enfance dans la tête de vos proches. Ce dont on se doutait un peu. Manquait une illustration. La voici :

Exemple : la mère, presque centenaire regarde un documentaire à la télé sur son fils à côté de son autre fils, Bernard. Le film étale toutes les réussites du fils Daniel : écrivain à succès, prof, plateaux télé, enfin portrait d’une réussite. Mais la mère, avec ses cent balais a gardé toute sa mémoire. Et elle n’a pas oublié le cancre qu’il fut jadis son fils Daniel, et, le documentaire achevé, se penche vers l’autre fils et lui dit : « Tu crois qu’il s’en sortira un jour ? »

Merveilleux, jubilatoire.

C’est ça : à un moment on décide de ce que tu es, et quoi que tu fasses, jamais, jamais ce cliché que l’on a de toi ne pourra être modifié… Jamais.

Et ça marche dans les deux sens. Paf, très tôt on décide dans ta famille que tu es exceptionnel, et toute ta vie tu vas te trimballer ça. Moi, ça s’est passé comme ça : exceptionnel le Domi, allez donc savoir pourquoi, puisque comme Pennac, longtemps j’ai été un cancre. Et que ma vie, à y regarder de près, franchement y a pas de quoi se taper le cul par terre !
J’ai eu beau foirer un tas de trucs dans ma vie : je suis quelqu’un de singulier. On me fait crédit. Sauf que rien ne vient justifier cette reconnaissance, rien. On ne sait rien de ce que je fais, ou ai fait. On ignore tout, mais chèque en blanc…

« Y a pas de justice » , disait ma mère.

Et elle ajoutait : « La seule justice en ce bas monde c’est la mort, tout le monde y passe. »


J’aurais pu finir plus gai.


Et vous, ça va ?

DEB 

 

 

 

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