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22/11/2007

Mots-maux

Je suis, et serai, je crois, toujours méfiant envers certains mots.
Par exemple : lâcheté, honneur, sabotage, mépris, courage etc.

Je vois bien qu’ils ressurgissent ici et là. Je les considère d’un œil inquiet, à chaque fois. Je sais qu’ils peuvent être l’expression d’une humeur, d’une mauvaise humeur, peut-être même passagère. Il n’empêche, ils sont pour moi, souvent d’une mauvaise mémoire. Mauvaise.

Si j’allais jusqu’à ma bibliothèque, je retrouverais, assez vite je pense, une littérature qui a abusé de ces mots-là, ces maux terribles qui ne me semblent venir que de la haine. Ne sont-ils pas chez Léon Bloy, chez Barrès, chez d’autres dont je n’ai pas envie, ici, de répéter le nom ? Ils sont, aussi, ailleurs, chez d’autres.
La notion de courage chez Sartre, ou Camus est-elle la même que chez Barrès (puisque je viens de le citer) ?

Je note que les glissements sémantiques peuvent brouiller la langue jusqu’à la rendre incompréhensible. Que serait donc une grève qui ne gênerait personne, ne coûterait rien ?

Je lis sur un fax reçu aujourd’hui même que le mot grève est remplacé par blocage. « Ce droit de blocage que s’octroient quelques catégories privilégiées » est-il écrit sur ce fax qui, plus loin, évoque des « bloqueurs sans états d’âmes. » Ils sont si riches ces bloqueurs qu’ils ont plusieurs âmes…

Voilà bien encore l’inquiétude dont il est question au début de ce billet : ces bloqueurs, en réalité, malgré le pluriel, n’auraient pas d’âme.

En somme, ce seraient des monstres.

Grévistes = monstres.

N’est-ce pas ainsi qu’il faut le comprendre ?

 

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