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21/09/2008

CHRISTIAN

L'histoire que je vais vous raconter est tout simplement horrible. Je vous en avertis.
Elle est d'autant plus horrible qu'elle est vraie, et elle ne cesse de me hanter depuis des dizaines d'années.

Cette histoire, c'est celle d'un garçon qui s'appelait Christian. Il a 20 ans, ou pas loin, enfin, il a 20 ans. Pas beau, pas fûté, décalé, zarbi, pas franchement admis, déjanté, comme on dit maintenant.
Voilà : c'est les années 70, Bordeaux, les vieux quartiers de Bordeaux, pas encore rénovés. C'est une époque où les vingt et quelques n'ont pas la télé. N'en veulent pas. L'ordi n'existait pas, ni le téléphone portable. Et le téléphone fixe, même ça, c'était plutôt rare. Alors on allait chez les autres et les autres venaient chez vous. On passait son temps à aller les uns et les autres et inversement. Pour parler, pour parler et écouter de la musique. Mais surtout, oui, on parlait. On aimait la revue Planète, Le Matin des magiciens, les Floyds et tout un tas d'autres choses encore. Il y avait le poster du Che chez nous, et la psychanalyse était un vrai sujet.
Et il y avait Christian.
Il était là de temps à autre Christian. On ne savait pas d'où il venait. On allait, on venait, on n'avait déjà que des prénoms et pas de passé. Que du futur. On faisait des séances de spiritisme, du wija, des tables tournantes. On voulait croire à tout, sauf aux vieilles recettes.
Christian écrivait à l'envers. Il nous racontait qu'on lui dictait, la nuit... Il nous montrerait ça.
On le trouvait vulgaire ce Christian. Il l'était sans doute puisqu'il allait aux toilettes en laissant la porte ouverte. On ne l'aimait pas beaucoup. Il en faisait trop aussi, avec la mort. Mais nous aussi, avec la mort on en faisait trop. C'était un sacré personnage la mort. On pouvait s'amuser avec : on était éternels. À 20 ans on a l'éternité devant soi. À 30 aussi. Après c'est moins évident. On avait été morts. Il y en a même qui se souvenaient de ce qu'ils avaient été. Milou avait été Tlaloc, ou il s'était affronté (je ne sais plus) à Tlaloc en combat singulier. Milou avait gagné, et l'autre depuis des siècles voulait se venger.

Un jour, ils sont allés à la plage. Ils et elles, ce petit groupe-là. Moi je ne suis pas allé avec eux. J'ai échappé à ça, à cette histoire horrible que j'ai évoquée.
Il a fait un grand trou dans le sable, Christian. Un trou profond, très profond, deux mètres. Dans le sable. Et il s'est mis au fond du trou : pour qu'on le prenne en photo.
Je ne sais pas si elle a été prise la photo, je crois que je ne veux pas savoir. Mais peut-être que si elle existe, malgré tout, je voudrai la voir, je pense.
Ils se sont mis autour du trou, ils ont vu Christian au fond, et puis le sable s'est effondré sous leur poids.

Il a fallu deux heures aux pompiers pour dégager Christian.

Je vais aller me servir un verre...

14/09/2008

Edvige, salope !


Edvige Salope ! Chanson de bon ton
envoyé par torapamavoa

 

Carnaval et vieille baderne

DEB | Carnaval et vieille baderne

À la fin, je n’y tiens plus : il faut que je dise ce que j’en pense, moi, du pape et de sa tournée en France. Il faut que je redise comme je m’étonne qu’un tel carnaval ne déclenche pas un irrépressible éclat de rire. De voir cette vieille baderne tout en blanc, comme une vieille pute qui ferait ses dernières passes, me donne plus envie de rire que de m’indigner.
J’ai juste vu quelques images : quand il est dans son vivarium vers la grotte. La papamobile, c’est comme ça qu’ils appellent cette cage de verre, non ? Trois mille policiers pour la sécurité, des avions chasseurs, des missiles sol-air (solairs?)… et pourquoi un porte-avions ?
Je n’en finirais pas d’énumérer les clichés de cette pathétique comédie: Catherine Millet et MAM les mains jointes, à l’église (je n’ai rien vu, je commente les commentateurs si vous le voulez bien) et l’autre, le Benoît, dénonçant le culte des idoles alors que c’est précisément ce qu’il est de train de faire : Regardez-moi je suis votre idole. Et ce type est aussi chef d’État. Pété de thunes il est le roi des pauvres ! Et réac, et donneur de leçons. C’est leur truc en ce moment : donner des leçons. Voici venu le temps des imposteurs. Métaphoriques en diable (si j’ose dire) nos politiques et autres saltimbanques décomplexés. La religion affaire de tous les hommes ! Bayrou, qui a des lettres, lui, a cette formule : Je suis un laïc qui croit en Dieu. Ou mieux, Eric Rohmer : Je suis un athée mystique.
Foi et religion, ça n’a rien à voir ! Si sanctuaire il y a, il est intérieur.
Bref, la manipulation des foules a encore de beaux jours devant elle. Cette hystérie qui se joue en France, pape et président de la République d’opérette main dans la main, se déroulerait-elle ailleurs provoquerait chez nos esprits critiques d’ici les commentaires les plus vipérins. Ceux-là même qui se pâment et se montrent tels qu’ils sont : des courtisans.

Un conseil : touchez pas à la laïcité…

13/09/2008

Dis-moi, Céline


 

Louis-Ferdinand Céline dans son établi
envoyé par Ali_La_Pointe