Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

10/07/2012

DEB | D'un monde l'autre

Vendredi 22 juin 2012

D'être tant allé d'un monde l'autre, me voilà fracassé.

C'est sur cette phrase que je me lève de ce lit où je m'abîme depuis des jours et des jours pour reprendre le clavier et tenter de renouer avec les mots. Car leur musique, je ne l'entends plus. Depuis des mois, je ne l'entends plus. Comme si j'avais été en attente d'un anéantissement. Il est venu, cet anéantissement. Quand je ne l'attendais pas, là où il était le plus improbable et sous une forme que je n'imaginais pas, même si c'est de mort qu'il s'agit. La mort de cette amie lointaine, une des rares amitiés rescapées de mes naufrages, de mes oublis, de mes passages d'un monde l'autre. Les larmes sont venues aussitôt. Elle, d'une sorte de petit château de Dordogne où, un temps je me suis senti chez moi c'est alors que j'étais dans une château en Normandie qu'est arrivée l'annonce de sa mort. Par un message téléphonique qui a réussi à se faufiler entre les murs et les réseaux flottants.

Elle, c'est quelque quarante ans de ma vie. Alors, désormais je sais, que pour moi il est presque trop tard pour tout. Je n'ai plus de refuge. Elle était le dernier. Il y a quelques années encore il y avait une petite maison en bord de mer où je savais que l'on m'accueillerait. Mais le vieil ami est mort, lui aussi.

Commentaires

Le capitaine Fracasse jacasse, passe, dépasse, repasse, agace, mais jamais ne lasse...

Écrit par : jeumeuleubeu | 11/07/2012

Yes Jim, ressasse aussi...

Écrit par : DEB | 11/07/2012

"Presque trop tard"! C'est ce presque qui fait toute la différence, DEB. Une lueur d'espoir qui jamais ne trépasse.

Écrit par : PP | 11/07/2012

Oui, Patrick, on est sur le point de se casser, et puis.. et puis, comme chez Stendhal, ce jeune homme qui pense au suicide et reçoit alors une bonne lettre et se précipite sur sa valise, le coeur léger...

Écrit par : DEB | 11/07/2012

"D'un château l'autre", titre célinien, donc forcément sinistre d'autant que ça se passe du côté de Sigmaringen, petite ville allemande proche de Vichy comme chacun sait. Pardon de vous associer pareille idée et à pareil personnage dont le prestige persistant dans le microcosme des lettres reste très suspect. Rien à voir avec vos drames. De quoi se mêle-t-on en venant commenter votre souffrance et vos souvenirs rousseauistes car on croirait, là, lire "Les confessions" ? On a envie de s'excuser. Mais vous savez tout partager même ce qui ne regarde personne, votre Moi profond, vos chagrins jaloux et vos amours d'hier qu'on devine orageuses. Rien ne vaut finalement le tonnerre pour rendre au coeur sa générosité. Le fameux coup de foudre, n'est-ce pas ? Merci de nous garder encore votre encrier ouvert.

Écrit par : Oustrieres | 11/07/2012

Célinien... forcément durassien aussi... Immense fourre-tout : Rousseau, bien sûr Rousseau, et dans le chaudron : Diderot, Montaigne, Flaubert, et Proust, allais-je oublier Proust ? C'est tant pis pour vous, mon cher BO, c'est vous, en somme qui me faites revenir à l'écriture. Alors que j'y répugnais depuis quelque temps, j'y reviens, en loucedé, par intermittences, en louvoyant à travers les états d'âme... Merci pour votre aide.

Écrit par : DEB | 11/07/2012

Les commentaires sont fermés.