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12/01/2008

FRB | Politique

I - FRB

J’aime les livres improbables. Mais je ne sais pas si Son excellence monsieur mon ami, de Jérôme Garcin (Gallimard) est si improbable que ça. Quand même, faire un livre sur François-Régis Bastide ne manque pas d’audace. Qui se souvient de FRB ? Jérôme Garcin dans la catégorie des livres improbables a préfacé aussi 5, rue des Italiens, de Bernard Frank (Grasset).
Le public de ces livres je me demande qui c’est. Mais grâces soient rendues à Gallimard et Grasset pour nous proposer ces livres-là. Merci pour ce bonheur-là. Je n’ai pas rencontré Bernard Frank (qui a chroniqué Barbarie de l’ignorance, de George Steiner dans le Nouvel Obs), en revanche j’ai plusieurs fois rencontré FRB qui, pour la revue que j’animais m’a donné des feuillets écartés à la publication de L’Homme au désir lointain son ultime livre.
J’ai même commencé un livre sur FRB ; Un livre improbable lui aussi. J’aime les radotages littéraires. Je radote puisque j’ai déjà en partie raconté ici ce que j’écris aujourd’hui. Voici un extrait de ce roman :
« Mais il faut que j’avance, il ne faut pas qu’Agnès prenne toute la place vous comprenez, il faut que j’aille un peu plus vite, que je ne m’attarde pas trop non plus sur François-Régis Bastide dont je viens pourtant d’aller tirer de ma bibliothèque La Vie rêvée. Je n’ai pas inventé, il me l’a bien dédicacé, en novembre 94, à Saint-Émilion. J’ai dîné à son côté, il m’avait écrit lors d’un de ses passages à Bordeaux : « Venez… » J’étais allé à la librairie la Machine à lire. Je lui avais fait signer L’Homme au désir d’amour lointain pour Boris dont c’était l’anniversaire. Dans la petite revue littéraire que je venais de créer n’avais-je pas terminé ma critique par : « Après cela [le livre terminé] il vous prend des envies d’aller mettre un peu de Mahler, d’aller ” ramasser au bord de la vague le grand châle bleu de Madame Schlesinger “. Eternel retour à Flaubert. »
Pour moi, l’un des plus grands livres de la littérature française est la Vie rêvée… FRB n’écrivait pas linéaire. L’élégance fait des embardées dans la langue, surtout écrite. Je me souviens que Christine de Rivoyre m’avait parlé de la « paresse » de François-Régis, qu’il fallait l’assigner à sa table…
J’imagine qu’il fallait beaucoup de cigarettes, et sans doute de whisky…
Tout cela n’est pas politiquement correct.
J’y reviendrai.

II | Irai-je en politique ?

Je n’étais pas au Fémina, hier vendredi 11 janvier 2007 pour soutenir Bertrand Delanoë, Alain Rousset, et (j’ai gardé le meilleur pour la fin — auriez-vous pensé que j’étais à ce point indélicat ? — ma délicieuse Michèle Delaunay dans leur combat pour battre Alain Juppé lors des prochaines élections municipales. J’ai déjà filmé les trois, et j’étais moi aussi en politique à la même heure. Côté perso cette fois.
Je n’habite pas Bordeaux mais une commune de quelque 3 000 âmes, et comme j’ai une petite notoriété (et que je m’étais déjà présenté sur une liste de gauche en 1995, 96 ?) on me demande de repiquer au truc.
Figurez-vous qu’il y a déjà deux listes.
Une de droite, et une d’encore plus droite me dit-on. Me dit-on, dis-je, car je ne connais personne. Je n’ai pas beaucoup fréquenté les gens de la mairie, sauf du temps du défunt maire François-Xavier Michelet, puisque nous avions créé ensemble un salon du livre (j’ai assuré les deux premières éditions ; on m’a écarté pour la troisième ; et il n’y a pas eu de quatrième édition). Pour le reste, silence.
Du reste, je vis très à l’écart, géographiquement du centre de la commune. Je passe donc mon temps à la traverser et j’y connais peu de monde.
Or donc, tandis que je n’étais pas au Fémina avec les grandes pointures de la politique j’étais avec avec l’embryonnaire troisième liste. De gauche, elle. Je dis ça, pour faire vite : je ne sais pas s’ils ont tous de gauche sur cette troisième liste. J’étais là pour tenter une conciliation. Entre deux hommes qui ont une surface politique dans le coin mais que tout oppose. Enfin, que tout semble opposer. J’ai de l’estime pour les deux, et moi, la politique c’est plutôt en dilettante que je la pratique. Mais on peut faire les choses sérieusement en dilettante. Mais si, mais si, je vous assure. Le dilettantisme est un recul qui permet d’affiner le regard et d’aiguiser la critique.
Moi, je vais là-dedans pour les idées, pas pour les curages de fossés. Essayer de prendre une commune à la droite, et à plus forte raison à la droite de la droite est une raison d’aller au charbon. Toutefois, modérons le propos. La tête de liste de la liste de droite, j’ai quelques infos sur lui, je l’ai même rencontré, c’est un type bien. Bien, mais de droite. Alors, respect certes, mais chacun chez soi. Il avait dit cette tête de liste qu’il passerait me voir. Il n’est pas venu. Il a dû penser qu’il perdrait son temps avec moi, et voulez-vous que je vous dise : il a vu juste.
Celui de l’autre liste, j’ai même du mal à me souvenir de son nom. C’est dire comme ça me passionne ces hstoires-là. Mais j’y vais. C’est pour ça que hier soir ces deux types de gauche je voulais qu’ils soient face à face. La réunion a duré près de quatre heures…
Je vous le dis moi, elle a un problème la gauche : son exigence…
J’y reviendrai.